Les murs de pierre traditionnels de nos terroirs étaient toujours bâtis et enduits à la chaux naturelle. Ce qui rendait notre habitat sain et perméable. Avec l’avènement du ciment, au début du XXème siècle, les murs (outre leur nouvelle laideur !) deviennent étanches et piègent l’humidité à l’intérieur des habitations.

Il nous faut donc revenir aux enduits de chaux, principalement en extérieur (En intérieur, le plâtre est acceptable)

Pour réaliser un enduit de chaux traditionnel, il faut au préalable décroûter l’ancien ciment au besoin.

On procède ensuite à la regarniture des joints entre les pierres s’il en existe de trop dégradés. On ne lisse surtout rien, afin de permettre l’accrochage du nouvel enduit…

L’étape suivante se nomme le gobetis, surtout en cas de briques ou de pierres dures très lisses. On le nomme aussi « giclage ». On ne doit pas former une couche continue mais seulement salir la surface des pierres pour faciliter l’accroche du corps d’enduit.

Vient ensuite l’enduit à proprement parler, d’une épaisseur de 10 mm environ.

Techniquement c’est la couche la plus importante, celle qui protège les joints et les pierres de la pluie sans bloquer l’humidité.

La couche de finition, d’environ 0,5 cm n’est pas forcément indispensable. Elle a soit un rôle décoratif (encore que …) soit une meilleure protection en cas de murs fortement exposée à la pluie battante.  La plupart des enduits anciens que l’on peut voir encore par endroit ne s’embarrassaient pas de cette formalité et sont pour la plupart en parfait état.

Les derniers coups de truelle peuvent être soit « beurrés », soit « grattés », ce qui, dans ce dernier cas, donne l’aspect plus « ancien » d’un enduit déjà un peu travaillé par les ans … C’est ce que l’on appelle la finition « MH ».

Un enduit à la chaux poreux, ancien ou récent, peut recevoir en protection préventive ou en entretien une couche de peinture à la chaux :

La plus courante est le « badigeon » qui complète une protection de surface. On le prépare avec 2 volumes d’eau pour 1 volume de chaux, plus un adjuvant qui évite ce que l’on appelle le « farinage » (Caséine, Savon) et des pigments au besoin. Il s’applique en 2 couches à la brosse.

Un bel enduit de chaux traditionnel donne à l’œil une sensation apaisante d’opulence simple et champêtre. C’est, évidemment, comme je l’ai souligné au début de l’article, le plus sain, mais c’est aussi le plus économique de tous, loin devant tous les ersatz « modernes » dont la fonction première est, ne l’oublions pas, de remplir les caisses des industriels !