Le chaume est un savoir-faire employé depuis des millénaires. La toiture de chaume a été utilisée sous tous les climats. Très répandue dans les campagnes françaises jusqu’au début du XIXe siècle, elle ne persiste que dans quelques régions, notamment en Bretagne, en Normandie, en Camargue ou encore en Auvergne.

Le mot « chaume » est en réalité un terme général qui vient du latin Calamus, roseau, et désigne de nombreuses sortes de tiges végétales utilisées à cet effet : brande, paille de blé, de seigle, roseau. Tous ces matériaux étaient jusqu’alors disponibles abondamment un peu partout.

La mise en œuvre n’a que très peu évolué au fil du temps. L’innovation aujourd’hui consiste surtout dans les attaches permettant la fixation : En effet, les jeunes tiges de noisetier assurant le serrage des roseaux sont aujourd’hui remplacées par l’acier galvanisé.

Très importante est l’étanchéité des points particuliers : Faîtage, noues, lucarnes, etc… Celle-ci demande en effet un soin tout particulier afin d’éviter toute stagnation possible de l’eau. Le faîtage est aujourd’hui réalisé en général avec un feutre bituminé ou encore des feuilles de plomb. Un mortier de chaux grasse ou plus simplement de terre argileuse assure ensuite la finition en fonction des spécificités régionales. Ce recouvrement peut aussi être végétalisé avec des plantes rustiques à fort enracinement: Iris, Joubarbes, etc…

Et le risque d’incendie, me direz-vous ?

Eh bien, les artisans-chaumiers savent que le chaume a faussement mauvaise réputation !
En France, la réglementation n’impose d’ailleurs pas la pose d’un film anti-feu, c’est dire !

Ailleurs en Europe, le chaume est beaucoup utilisé dans l’habitat contemporain. Aux Pays-Bas par exemple. Il y est aussi employé comme couverture murale. Les artisans-chaumiers cherchent aujourd’hui à faire évoluer l’image du chaume et à en développer des applications inédites. Il y a quelques projets en France qui voient le jour, mais le marché reste encore timide.
L’emploi du chaume en bardage vertical par exemple constitue un moyen d’isoler par l’extérieur de façon naturelle et offre une durée de vie de 80 ans environ contre 50 ans pour son usage en toiture. Le chaume est en effet un matériau qui possède d’excellentes propriétés isolantes. Par rapport à la législation actuelle en France c’est un élément de couverture, mais il n’est pas considéré comme un isolant car la-dite législation ne permet pas d’avoir un produit pour deux dénominations.

Le chaume n’est pas un produit industriel : il est particulièrement sain et chaleureux pour l’habitat. De plus, il participe à l’entretien des marais et pourrait donner lieu à la mise en place d’une véritable filière. Fin du fin, lors de son remplacement, il peut encore servir de compost et retourne ainsi au cycle naturel. Que demander de plus ?