Seul félin sauvage avec le lynx à arpenter nos contrées, le chat sauvage européen, de son vrai nom chat forestier ou Felis Silvestris Silvestris pour les intimes, est souvent confondu avec le chat haret.

Alors que ce dernier est un chat domestique retourné à l’état sauvage, le chat forestier constitue bien une sous-espèce à part. Il ne partage qu’un lointain ancêtre commun avec nos matous de salon, arrivé d’Afrique ou du Moyen Orient bien après lui et desquels il aurait divergé il y a environ 20 000 ans.

On peut le rencontrer aussi bien en Europe de l’Est et centrale que dans l’ouest du continent. En France, il se cache principalement dans le nord-est, mais il aurait été observé dans environ 44 départements.

On le différencie du chat domestique par sa queue touffue, longue d’une trentaine de centimètres et annelée. Il possède aussi une incomparable raie noire sur le dos qui court depuis ses épaules  jusqu’à sa queue. Sa robe est grise ou fauve. Plus robuste et plus grand que son cousin, sa longueur est d’environ 65 cm et son poids peut atteindre les 7 kilos (10 cm et 2 kilos de moins pour les femelles).

Chaque année, en avril, après une période de rut à la fin de l’hiver et une gestation de 65 jours, la femelle donne le jour à 3 ou 4 petits qu’elle élève seule pendant 5 mois. Les petits naissent bien à l’abri d’un terrier, sachant que chaque chat dispose de plusieurs abris sur son territoire. Comme leurs parents, ils vivront en moyenne une dizaine d’années.

Ce redoutable chasseur (il ne rate qu’une attaque sur deux) se nourrit principalement de petits rongeurs. Très discret, au point qu’il est très difficile de l’observer, cet animal essentiellement nocturne apprécie nos bois et forêts et ne se trouve pas en altitude.

Chassé pour sa fourrure jusqu’au début du 20e siècle au point qu’il faillit disparaître, le chat forestier est aujourd’hui protégé. Il n’est pourtant pas tiré d’affaire, les voitures et la déforestation continuant de le menacer. Néanmoins, c’est bien le métissage avec son cousin domestique ou haret qui fait aujourd’hui peser les plus lourdes menaces sur son avenir, chaque accouplement entre les deux espèces interrompant définitivement sa lignée plurimillénaire.

La photo d’illustration de cet article provient du site de l’association Athénas, qui oeuvre à la sauvegarde de la faune sauvage et notamment du chat forestier.