Alors qu’un Français sur deux est en surpoids et que l’obésité menace de plus en plus notre jeunesse, alors que 5 % de notre population est désormais sous traitement contre le diabète (sans compter les malades qui s’ignorent !), il est curieux de constater le refus par les autorités de rendre obligatoire la présence d’indicateurs simples sur les emballages alimentaires : l’indice et la charge glycémiques.

Mais voyons en premier lieu de quoi il s’agit. Il était jusqu’ici courant de différencier les glucides en « sucres lents » (les bons) et « sucres rapides » (les autres…). Mais ce classement pouvait induire en erreur les personnes qui surveillent leur taux de sucre. Ainsi, le pain blanc ou le riz étaient classés en sucres lents malgré un impact glycémique élevé. On sait aujourd’hui que la vitesse d’absorption par l’organisme sera la même quel que soit le type de glucide.

Désormais les médecins et nutritionnistes ont donc remplacé ce concept inadapté. Tout d’abord l’indice glycémique (IG) permet de classer de 0 à 100 les aliments ou les produits alimentaires selon leurs effets sur la glycémie dans les deux heures suivant le repas. Plus l’indice sera élevé, plus l’aliment augmentera la glycémie sanguine. L’indice doit être précisé en fonction de l’état de l’aliment, qu’il soit liquide, solide… et de son mode de préparation. Ainsi l’indice glycémique d’une même pomme de terre variera de 70, cuisinée en purée à 90, cuite au four.

On considère qu’un indice inférieur à 35 est faible, il sera moyen s’l est compris entre 35 et 50 et élevé au-dessus de 50.

Une fois cet indice déterminé, il est aisé de calculer la charge glycémique d’une portion alimentaire standard. En effet celle-ci variera en fonction de la quantité normalement consommable au cours d’un repas. Ainsi certains aliments à IG élevé, comme la pastèque, ne déclencheront pas de pics d’insuline. La charge glycémique permet donc de comparer aisément les aliments entre eux en fonction de portions standards et même de les additionner  pour mesurer par exemple la charge glycémique d’un repas entier.

Quel est donc l’intérêt de consommer en priorité des aliments ou produits à IG bas ? Nous savons que l’ingestion de glucides provoque l’augmentation de la glycémie sanguine. Le pancréas déclenche en réaction la diffusion d’insuline supplémentaire dont le but est de faire pénétrer les glucides dans les cellules. Or les aliments à IG forte entraîneront une plus grande sécrétion d’insuline et donc un stockage plus important sous forme de graisse. A l’inverse les aliments à IG faibles permettront à l’organisme de mieux diffuser dans le temps le sucre plutôt dans les muscles et le foie.

A terme, outre la prise de poids, le déséquilibre dû à une ingestion trop régulière de produis à IG élevée augmente les risques de diabète de type 2 et de maladies cardio-vasculaires.

On le voit, ces deux indices, dont l’usage est recommandé par l’Organisation Mondiale de la Santé, sont faciles à comprendre et à interpréter, même dans le cas d’une alimentation hors du cadre d’un régime. Ils seraient une aide précieuse pour les diabétiques. Certains pays comme l’Australie les ont déjà rendus obligatoires sur tous les emballages. Pourtant, en France, les pouvoirs publics restent opposés à cet étiquetage. Les industriels de l’alimentation, qui font une utilisation massive de « sucre caché » (70 % du sucre consommé en France) se satisfont quant à eux tout à fait de la situation actuelle…